Toil'd'épices, pour tout savoir sur les épices, condiments et herbes aromatiques

La France, l'Angleterre et les autres

De Toildepices

Les anglais dans la course aux épices

Pendant que la Hollande et le Portugal se disputent les Indes, les anglais commencent à se pencher sur le problème.

En 1600, une charte est accordée à une société anglaise pour aller aux Indes : en neuf ans elle envoie 14 navires pour 5 expéditions : c'est ce que font les hollandais tous les deux ans.

En 1609, Jacques 1 er accorde une nouvelle charte aux anglais donnant le monopole du commerce anglais avec l'Orient. Mais, finalement, les anglais sont forcés de quitter l'archipel des épices pour Macassar. Ils arrivent à maintenir leurs activités commerciales pendant 60 ans malgré une lutte incessante contre les hollandais.

En 1682, les anglais sont repoussés à l'Ouest de l'archipel indonésien bien que les hollandais n'en aient plus pour longtemps.

La compagnie française des Indes Orientales

Au cours du XVIIe siècle plusieurs compagnies sont formées : la Compagnie des Moluques, la société de l'Orient et de Madagascar, la Compagnie des Indes Orientales... Mais les échecs furent nombreux (Madagascar, Ceylan, Bangkok…), Il y eut quand même quelques succès : l'Ile Bourbon (la Réunion) ainsi que deux comptoirs indiens : Pondichéry et Chandernagor.

En 1654, les français s'installent aux Indes, avec la création par Colbert de la Compagnie Française des Indes orientales avec comme port d'attache : Lorient, et Pondichéry comme siège indien.

De 1693 à 1699, occupation de Pondichery par les hollandais.

En 1715, Mauritius (la future île de France) passe aux mains françaises.

Pierre Poivre et les épices

1719, naissance de P.Poivre, fils d'un mercier lyonnais, il était destiné à une carrière de missionnaire. Mais en 1745, un boulet anglais lui arrache l'avant bras droit, mettant fin à ses projets religieux au profit de sa nouvelle passion née en Asie : la botanique. Il découvre la richesse des épices à Batavia. De retour au pays, il fait tout pour repartir, là-bas.

En 1749, il part en mission commerciale en Cochinchine, puis passe 2 ans à Manille où il récupère 20 noix de muscade non traitées, et les emmène à l'île de France au nez et à la barbe des hollandais. Il les confie au botaniste en chef de la colonie (Aublet, qui cultive canneliers et poivriers) pour les cultiver car il est pressé de partir à la chasse aux clous de girofle. Aublet échouera par malveillance. P.Poivre rentrera avec quelques pieds de muscadier et fruits de giroflier, que Aublet laissera périr par jalousie tout en reportant la faute sur P.Poivre. Abattu, il rentre à Lyon en 1757.

En 1767, P.Poivre est promu par Choiseul (ministre des affaires étrangères de Louis XV) intendant des îles de France et de Bourbon. Basé aux Pamplemousses (Iles Maurices), il acclimate de nombreuses plantes et envoie chercher des pieds et graines de muscade et girofle (il n'y va pas lui même car il est marié et père). Plusieurs expéditions seront nécessaires : l'Utile (frégate) disparue à Timor, le Vigilant et enfin en 1769 l'Etoile du Matin, qui grâce à deux traîtres hollandais (Provost et Etcheverry), ramène à P.Poivre girofliers et muscadiers…

D'où une culture dans les colonies françaises des tropiques (Seychelles, Réunion, Madagascar, Antilles) de ces épices rares …

Les autres pays

En 1795, les anglais plantent des girofliers à Penang. A la fin XVIIIe siècle, les anglais mettent la main sur l'Inde et Ceylan, et prennent la domination du marché des épices, alors que les cours sont en pleine chute.

Le XVIIIe siècle voit aussi l'entrée des Etats-Unis dans la course aux épices. Les navires mettent le cap sur l'Orient, avec tabac, et aliments à troquer contre thé, café, et épices.

Au XIXe siècle, les épices se cultivent partout, c'est la fin des monopoles et des prix exorbitants des épices.


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