Toil'd'épices, pour tout savoir sur les épices, condiments et herbes aromatiques

Epices préhistoriques

De Toildepices

Et pour une poignée de graines : plantes attestées

Il est absolument inexact que l'usage des épices soit un signe de haute civilisation. Tous les peuples vivant encore selon des modes primitifs connaissent ce goût, et l'archéologie nous prouve que les hommes préhistoriques l'avaient aussi.


Les études portent sur la Préhistoire récente, à partir du Néolithique (8000 à 5000 avant J.-C. selon les sites étudiés).

La carpologie, étude des graines, des noyaux (le plus souvent carbonisés) et la palynologie, étude des pollens conservés dans la terre, nous permettent de mieux connaître les pratiques culinaires de nos lointains ancêtres.


C'est dans les milieux humides que se sont le mieux conservés les restes végétaux, en particulier dans les sites lacustres de Suisse, Allemagne, Jura, Angleterre, Danemark…

Les villages construits dans les zones marécageuses des bords de lacs, ont ensuite été abandonnés par suite de la montée des eaux. L'eau a isolé de l'air les matières organiques qui se sont ainsi conservées. Les fouilles récentes en Suisse et en France dans le Jura, au bord du lac de Charavines, ont livré une grande quantité de ces restes, soit sous forme de graines carbonisées soit sous forme de préparations dans des marmites de terre ou fragments de pain ou galettes.

Parmi les épices utilisées on trouve :

  • Le carvi (Carum carvi, apiacées ), graines carbonisées dans les sites lacustres suisses 3500 avant J.-C. ce qui en fait la plus ancienne épice utilisée en Europe.
  • Le pavot (Papaver somniferum, papavéracées ), presque aussi ancien qui avait une triple utilisation : les graines servaient d'aromates et à faire de l'huile, l'huile d'oeillette, le suc des capsules servait de produit stupéfiant entre autres pour les opérations chirurgicales. Il existe au musée de Zurich un morceau d'un véritable gâteau au pavot provenant d'un site lacustre.
  • Le genévrier (Juniperus communis, cupressacées )
  • L'origan (Origanum sp., labiées )
  • Le houblon (Humulus lupulus, cannabacées )
  • La bourse à pasteur (Capselle bursa-pastoris, brassicacées )
  • La menthe (Mentha sp., labiées )
  • L'armoise (Artémisia vulgaris, astéracées)
  • La moutarde (Brassica sp., brassicacées )

Ces plantes sont bien sûr des aromatiques, mais aussi des médicinales dont les vertus furent connues très tôt. L'exemple du pavot en est une preuve certaine.

Nouvelle cuisine…

C'est à partir de la période néolithique que nous commençons à connaître réellement les mœurs culinaires de nos ancêtres. Cette période commence 8000 avant J.-C. au Moyen Orient et aux environs de 5000 avant J.-C. en Europe Occidentale.

L'invention de la céramique a permis d'avoir des ustensiles de cuisson en terre cuite n'allant pas directement au feu mais étanches, donc pouvant retenir les liquides. L'eau était chauffée à l'aide de pierres brûlantes mises dans le foyer et jetées dans les liquides de préparation pour les amener à ébullition. Ces pratiques ont permis de varier le mode de préparation des aliments en autorisant la cuisson à l'eau, en sauce, à l'étouffée.

Il devenait donc possible d'ajouter des ingrédients à des préparations, entre autres des aromates, qui venaient relever le goût fade des viandes ou des végétaux. Dans l'alimentation, les épices ont le double rôle de rehausser le goût des denrées et de les conserver, mais elles sont aussi utilisées pour leurs propriétés curatives et ont aussi une fonction rituelle par leurs pouvoirs stupéfiants.

La culture des céréales a permis le stockage et la préparation de galettes ou de pain aromatisés dont la cuisson directe se faisait sur des galets plats posés dans le foyer.

Ces préparations ont quelquefois laissé des traces sous forme de croûtes noirâtres ou de fragments calcinés, dans les récipients en terre qui ont servi à les cuire. Des résidus de cuisson ont pu être observés à l'intérieur de récipients en céramique de l'Âge du Bronze en Suisse (1800 avant J.-C.). Après étude, il s'avère que ce sont des restes de préparations culinaires : Bouillies de millet et d'avoine, bouillie de glands et fragments de galettes de céréales aromatisées avec des condiments tels que :


" Garçon, un demi pour le Sapiens Sapiens ! " - La bière

La bière est sans aucun doute la boisson alcoolisée la plus ancienne connue par l'homme. Au Moyen Orient les techniques de brassage sont attestées dès le Néolithique (8000 avant J.-C.)

En Europe septentrionale, la bière servait aussi pour honorer les morts qui étaient enterrés avec nourriture et boisson. On a retrouvé, en Scandinavie, des traces de bière dans des récipients trouvés dans des tombes de l'âge du Bronze (2000 avant J.-C.). Cette bière était aromatisée de :

  • Myrte bâtard (Myrtus communis, myrtacées)
  • Achillée (Achillea millefolium, astéracées)
  • Romarin des marécages
  • Reine des prés (Filipendula sp., rosacées)
  • Primevère (Primula sp., primulacées)
  • Armoise (Artemisia vulgaris, astéracées)
  • Baies de genièvre (Juniperus communis, cupressacées )
  • Écorces d'arbre
  • et même jusquiame (Hoscyanus niger, solanacées), l'herbe aux sorcières réputée très dangereuse.

Cette tradition de bière aromatisée se retrouve plus tard avec une nouvelle épice, le houblon (Humulus lupulus, cannabacées ) qui détrônera toutes les autres.


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